Règle #1 : ne pas coller d’étiquette

Le mois dernier j’étais assise à la terrasse d’un bar pour fêter l’anniversaire de l’une de mes amies les plus proche et elle riait parce que « j’étais la seule hétéro du groupe ».

Alors oui mais non. Je ne me définis pas comme hétérosexuelle. Je me considère plutôt pansexuelle, bien que je n’aime pas particulièrement l’idée que l’on me range dans une catégorie précise. Je lui proteste cela, ce à quoi elle me répond que je n’ai jamais été en couple avec une femme et que de ce fait  je ne peux qu’être hétéro. Mais… dis-moi : si il faut sortir avec quelqu’un du même sexe assigné à la naissance que nous pour devenir bi ou pan ; quand on a jamais connu la vie de couple, on est quoi ?

 

D’une certaine manière, ce jour là, j’ai été victime pour la première fois de biphobie, et cela venait de la part de ma meilleure amie qui se définit comme étant lesbienne.

 

Plus jeune, il me semblait certain que le monde entier était bi ; parce que l’on ne tombe pas amoureux d’un homme ou d’une femme. On tombe amoureux et c’est tout. Maintenant j’ai révisé mon jugement : chacun est libre d’aimer qui il veut, et le point de vu que je croyais universel est en fait le mien propre. Le fait que j’ai voulu pendant un temps coller l’étiquette de « bisexuel-le-s » à toutes les personnes que je rencontrais était une erreur et je ne l’ai compris qu’à force de discussions et de rencontres.

En ce qui concerne mon identité, là encore ça pose problème ! Je ne me considère pas comme une personne cis. Je ne suis pas trans et je ne me désigne pas non plus comme étant queer. Mon identité, c’est quelque chose dont je n’ai pas l’habitude de parler. Elle est indéfinie et pourtant… Elle me définit. Souvent je vais dire à ma famille, à mes ami-e-s, à mon petit ami des choses telles que « je me suis déguisée en fille ». Ca fait rigoler tout mon petit monde. Pourtant ce n’est pas faux. J’aime bien de temps à autre m’habiller de manière féminine, me maquiller pour souligner les traits que j’apprécie de ma personne, etc. Cependant, chaque fois que je suis vêtue « en fille » j’ai le sentiment d’être déguisée et que tout un chacun dans la rue pourrait découvrir mon imposture.

D’une certaine manière, mon copain a bien compris que je suis sérieuse quand je lui dis : « je ne suis pas une vraie fille ». Lorsque je tiens de tels propos, il sourit et il me prend dans ses bras : il m’aime comme je suis et c’est le plus important.

Je ne me sens pas femme, je ne me sens pas homme non plus. Je ne me reconnais dans aucun des codes établis par la société en ce qui concerne les genres. Je n’hésiterais pas à dire « Madame » devant mon patronyme pour me présenter ; mais il m’arrive de parler de moi au masculin sans que ce soit une faute d’inattention.

 

En fait je suis juste moi même, un personnage neutre parmi tant d’autre. Régulièrement, je passe intérieurement d’un genre à un autre sans jamais éveiller l’attention. 

A voir également : cette vidéo très intéressante de Princ(ess)e sur la manière de s’adresser à une personne non binaire.

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