Quel chemin choisir ?

Il y a un peu plus d’un an, j’ai déménagé. Un déménagement salvateur pour moi : nous avons quitté notre appartement au troisième étage sans ascenseur pour un plain-pied… Que d’énergie économisée depuis ! En revanche, cette maison a tout de même un vilain défaut : elle m’éloigne de mes amis. Bon, on ne va pas non plus en faire tout un plat puisqu’il suffit d’une demie heure de voiture pour les rejoindre. Enfin, on est bien d’accord pour dire qu’une demie heure de conduite avec un syndrome d’Ehlers-Danlos ce n’est pas toujours évident. Si je suis trop fatiguée ou que j’ai trop mal, impossible de prendre le volant : mon attention risque de me faire défaut. J’ai une voiture à boîte automatique qui m’évite quelques efforts mais conduire reste une activité très fatiguante. Il y a d’ailleurs toujours une chance que mon épaule fasse « plop » quand je mets ma ceinture où que mes mains / doigts / toute autre articulation décident de faire leur petite vie de leur côté au moindre mouvement un peu trop brusque à leur goût.

Trêve de digression, si je t’écris aujourd’hui c’est pour te parler de la route à prendre pour aller retrouver mes amis ! 

On dit souvent que « tous les chemins mènent à Rome » et ce proverbe peut tout à fait se vérifier. Pour aller du côté de mon ancien chez-moi et donc pour retrouver mes proches, je connais quatre chemins. Suite aux conséquences des intempéries que nous venons de subir, trois d’entre eux étaient d’ailleurs coupés en deux. Sur ces quatre chemins, il y en a deux que je privilégie. Ces deux trajets prennent sensiblement le même temps à parcourir, le facteur temps ne permet donc pas de privilégier l’un ou l’autre :

Le premier trajet s’étale sur un grand nombre de kilomètres, et le rythme de croisière de la voiture oscille entre soixante-dix et cent-dix kilomètre-heure. Le chemin est particulièrement facile puisqu’il est composé essentiellement de lignes droites et de voies rapides. Quelques ronds-points et radars nous rappellent qu’il serait préférable de ne pas s’endormir, bercé par les rangées d’arbres et les lignes qui défilent dans le rétroviseur mais le divertissement s’arrête ici. L’avantage, c’est que je ne vois pas le trajet passer, je le connais par coeur et je suis bien vite arrivée à destination.

Le deuxième trajet est beaucoup plus court pour ce qui est de la distance. Il faut donc nécessairement que les limites de vitesse soient plus basses : on dépasse rarement les soixante-dix kilomètre-heure. Les banlieusards connaissent bien l’attrait des petites routes qui permettent d’économiser du temps sur un trajet quand les autoroutes sont congestionnées et effectivement : il n’y a jamais personne sur ce chemin là. Ce chemin là, j’aimerais te le décrire un peu plus en détail. Il passe à travers une forêt très belle et très dense. Il suffit qu’un rayon de soleil se faufile à travers les feuilles et les branches pour illuminer tout le paysage. Même à l’intérieur de ma petite auto, je peux profiter des bonnes odeurs de sève fraîche caractéristiques d’une balade en forêt. Une vraie randonnée sur roues où il n’est pas rare de croiser des marcheurs, des cavaliers ou même avec un peu de chance… renards, lapins ou toute autre hôte de ces bois.

Et là, tu te dis qu’il est inutile de choisir entre ces deux chemins n’est-ce pas ? Quiconque est un minimum sensé et épris de nature choisi de passer à travers bois ! Certes, mais il y a quelque chose que je ne t’ai pas dit… Bien sûr, s’inviter au coeur de la forêt est très attrayant, c’est une véritable balade économique pour ce qui est de la distance et qui peut même s’avérer être un gain de temps considérable pour peu que la voie principale soit embouteillée. Cependant, c’est aussi un trajet particulièrement difficile. A cet endroit, la forêt domaniale se situe en hauteur et de ce fait, la route se compose essentiellement de lacets serrés. La montagne comme si vous y étiez ! (à l’exception près qu’il y a plus de chance de tomber sur un sanglier que dans un profond ravin). Le trajet demande donc une vigilance importante puisque la visibilité n’est pas toujours excellente et une certaine forme physique puisqu’il est nécessaire d’être actif sur le volant. Cela sans compter la qualité de la route qui laisse parfois à désirer entre les nids de poule et les chemins de terre.

Je m’arrête ici sur la description des chemins pour -enfin- te donner la clef de ma pensée. Si j’écris cet article aujourd’hui, c’est parce que j’ai le sentiment profond que ces deux chemins biens réels sont également, en quelque sorte, une métaphore de la vie. Si l’on souhaite décrire la vie d’une des manières les plus simples qui soit, je pense que l’on peut dire qu’il s’agit d’une succession de choix. Les choix qu’on nous impose mais aussi ceux que l’on se propose, les choix des autres et les impacts qu’ils ont… Et puis aussi tous ces moments où l’on n’a pas vraiment le choix. Aujourd’hui par exemple, je devrais prendre l’autoroute puisque le chemin de la forêt est coupé par un arbre couché en travers de la route. Enfin… Je dis « je devrais » mais je n’ai pas d’autre choix que de rester au lit pour le moment… Certain(e)s diront que je me suis réveillée sans la moindre cuillère !

Ces deux chemins sur lesquels je m’étale depuis tout à l’heure sont une belle métaphore des différents choix que l’on doit faire et refaire au quotidien… Toi que choisirais tu ? Le chemin le plus simple, même s’il est un tantinet monotone ? Ou le chemin plus difficile mais bien plus épanouissant ? Il faudrait peut-être parler de ce deuxième chemin comme de celui qui permet de « sortir de sa zone de confort ». En vérité, choisir le chemin le plus difficile, même s’il est plus beau, n’est pas une évidence étant donné qu’il permet d’arriver au même point que l’autre mais entraîne plus de risques : une fatigue accrue par exemple. Je ne serai pas de ceux qui te diront de toujours faire face à toutes les difficultés. Vouloir vivre toujours plus fort peut être une manière de penser, de concevoir son propre cheminement : mais n’oublions pas que ce n’est qu’une façon de voir les choses parmi d’autres.

Simplement, n’oublie pas qu’il y a un chemin qui peut te permettre de te reposer quand tu en ressens le besoin, et un autre qui te permet de découvrir des choses nouvelles, belles voire exceptionnelles. A nous de composer notre route selon nos envies, nos besoins, notre courage au moment présent. Ce n’est pas parce que tout nous semble monotone à un moment donné qu’il n’y a pas d’échappatoire. Prenons simplement le temps qu’il faut pour parvenir à nos but, et… En cas de cul-de-sac il suffit de faire demi-tour et tenter de passer par un autre chemin !

Publicités

5 réflexions sur “Quel chemin choisir ?

  1. Cet article ressemble presque à une nouvelle, c’est absolument magnifique ! En effet, c’est une jolie métaphore de la vie qui transmet un message fort. Je voulais écrire un article sur les choix mais après avoir lu ton article je ne me sens plus à la hauteur pour rivaliser avec toi ^^ Je vais essayé de nuancer mes propos de façon à ce que mon article ne ressemble pas trop au tien même si je suis entièrement d’accord avec tes propos ! Ton blog et ta plume m’ont conquis 🙂

    J'aime

    • Coucou, tu me remerciais de suivre l’actualité de ton blog, c’est à mon tour de te remercier ! C’est adorable de ta part de comparer mon article à une nouvelle, mais je triche un peu : je viens d’être diplômée d’une licence de lettres 😉 (bon, ça ne m’empêche pas de glisser une faute d’orthographe dans mes textes de temps à autre, mea culpa). En ce qui concerne ton article sur les choix (j’ai vu que tu l’avais posté, je vais egarder :D), surtout dis toi bien que le contenu des autres blogs ne doit pas t’empêcher d’écrire ce que tu as envie (on est sans doute les deux dernières à avoir rejoint la blogosphère donc si on s’en tient à ne parler que de sujets qui n’ont jamais été traités ça va être compliqué) ! Et puis, qu’on se le dise : Margot parle de tant de sujets dans ses vidéos que l’on ne peut pas rivaliser 😉

      J'aime

      • Ahah ça ne t’enlève en rien le mérite de ta jolie plume ! Félicitations pour ton diplôme du coup 🙂 Ça me fait énormément plaisir que tu prennes le temps de me dire ça car en effet, je me sentais un peu coupable d’écrire des articles sur le même sujet que les autres et en particulier le même que toi, alors merci ! Peu de personne ont autant d’ouverture d’esprit… J’ai un blog littéraire que je tiens depuis plus d’un an et j’ai déjà eu des problèmes avec une autre blogueuse qui n’appréciait pas un de mes articles, trop ressemblant au sien de son point de vue. C’est vrai que Margot parle de tellement de sujets intéressants mais justement, moi aussi j’avais besoin d’en parler et du coup je suis contente que ce soit bien reçu par les autres blogueuses 🙂 Encore merci, je suis très contente d’avoir découvert ton blog et j’espère qu’on aura l’occasion d’échanger encore nos points de vue !

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s